Communiqué du 12/09/2009: En finir avec la guerre au partage
Le Parti Pirate, qui peut être qualifié d’ “historique”, regrette la confusion avec laquelle les journaux en ligne ont présenté notre mouvement, le décrivant comme divisé.
Nous sommes atterrés de la piètre qualité de ces informations non documentées ni vérifiées, et de leur manque de professionnalisme journalistique.
Le Parti Pirate appelle également les initiateurs du PPF à accepter dorénavant de communiquer avec nous avant d’alerter la presse, étant donné que notre mouvement est un parti politique depuis que nous avons un candidat à l’élection législative partielle des Yvelines, à la différence du PPF qui n’est qu’une association et porte préjudice à l’ensemble de notre campagne électorale.
Le Parti Pirate est d’autant plus le seul organisme français qui soit reconnu par le Parti Pirate francophone, le Parti Pirate International et le Parti Pirate suédois.
A ce titre, nous souhaitons élever le débat et sortir de cette confusion politico-médiatique, qui ne sert que la cause de nos adversaires, obscurantistes et superficiels.
En effet, la Loi Hadopi va sans doute être enregistrée à l’Assemblée Nationale le 15 septembre, consacrant la guerre de l’industrie culturelle contre le partage, assistée par le gouvernement.
Nous tenons à relayer le message de Richard Stallman, qui lance un appel à “En finir avec la guerre au partage” (http://tinyurl.com/nh5e2q).
Le Parti Pirate s’aligne sur cette pensée, le partage, comme le don, est une composante fondamentale de l’être humain, universelle.
Le combat du consortium des majors est inutile et cours au désastre économique, politique, mais surtout culturel, raison pour laquelle nous devons au moins essayer de les en empêcher.
Il est anormal que ces pratiques monopolistiques illégales qui flouent les règles de libre concurrence ne soient pas punies par la justice grâce au soutien politique de lobbys corrupteurs.
Sur le fond, notre réflexion suit tout à fait celle de Stallman, même si les débats sur les différentes formes de contestations possibles sont très présents au sein de notre mouvement.
De nombreuses personnes partagent nos idées, représentées par des communautés, des associations ou de simples citoyens.
Nous nous inscrivons dans un mouvement d’ensemble, international, et ne pouvons pas tolérer que nos idées soient occultées par une théâtralisation médiatique politicienne alors que nos libertés fondamentales sont menacées.
Odile Ambry, présidente de l’L'Internet Society (Isoc), une structure internationale, représentée en France par l’ Isoc-France, nous fait remarquer que “si Hadopi 2 était en vigueur aujourd’hui, l’accès au Net de milliers de familles pourrait être suspendu et leurs enfants privés de facto du droit à l’éducation.” http://tinyurl.com/nz5r4a
La privation de l’accès à Internet est en effet privatrice de culture et d’éducation, c’est à dire en totale contradiction avec notre constitution, comme l’avait pourtant rappelé le Conseil Constitutionnel. Les citoyens ont le droit de prendre part à la vie culturelle, de s’instruire et de communiquer, universellement et fondamentalement. Par essence.
C’est pourquoi, la logique répressive d’Hadopi est vouée à l’échec, de par sa contradiction intime avec un régime démocratique, tout comme les facilités de surveillance et de filtrage instaurées par la Loi Loppsi. Ces Lois semblent inspirées du modèle chinois, et nous inspirent la plus grande crainte pour l’avenir de notre culture, de notre création, de l’investissement de notre société dans des valeurs éducatives, culturelles.
Le Parti Pirate veut interpeller l’ensemble de la société sur la question des libertés fondamentales, du Droit à la Culture et du Droit à l’Education.
Nous proposons ainsi de suivre les traces du Parti Pirate International en prenant les trois points historiques du Parti Pirate International comme point de départ pour étendre une réflexion politique transversale, participative et ouverte :
- La réforme des droits d’auteur dans le domaine culturel est indispensable afin de préserver nos créations culturelles de l’effondrement structurel de l’industrie culturelle, induit par l’obsolescence d’un modèle économique fondé sur des biens matériels comme les disques audios, à l’heure de la virtualisation des copies numériques.
- En matière d’éducation, le parti pirate prône la libre circulation des savoirs scientifiques, et souhaite l’abolition des brevets logiciels et des brevets sur le vivant.
- La lutte pour la préservation des libertés fondamentales comme la vie privée est essentielle et implique une réflexion éthique sur l’utilisation des technologies comme la vidéo surveillance, la biométrie, le filtrage d’Internet, etc.
Ces trois points sont simples à expliquer autour de vous, et permettent de suivre une réflexion politique d’ensemble.
La diversité culturelle n’est pas assurée par le système culturel actuel, qui formate et néglige le talent, la virtuosité. Cette diversité ne peut pas non plus être assurée, dès lors que la culture est réservée à une élite, inaccessible au plus grand nombre par son prix.
Ce même système ne rémunère pas non plus l’immense majorité des artistes, mais seulement quelques privilégiés sélectionnés sur des critères commerciaux.
Il est temps de changer de modèle économique, mais également de prendre du recul et d’observer les valeurs dans lesquelles notre société investit.
La culture, l’Education, la Science, sont de grandes forces stratégiques, économiques et humaines, et il serait dangereux dans notre intérêt commun de les remplacer par des valeurs financières et politiciennes.
Il n’est pas juste que des entreprises privées refusent au public l’accès à une technologie pour sauvegarder les rentes des actionnaires, où qu’elles s’approprient une technologie fondée sur les valeurs de partage et création.
Le Parti Pirate croit aux valeurs universelles, aux droits de l’homme et au progrès.
Ce sont ces idées que nous souhaitons partager avec tous les citoyens, en les invitant à participer à la réflexion à nos côtés, en collaboration et à la mesure des possibilités de chacun.
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